Homélie de Pentecôte – 30 et 31 mai 2020

Homélie de Pentecôte – 30 et 31 mai 2020

Après la Passion et le Résurrection, c’est le temps du grand silence. Soudain, à Pentecôte, on parle: «Remplis de l’Esprit-Saint, ils se mirent à parler.» Comment ne pas demander à l’Esprit, en cette Pentecôte 2020, de bousculer tous les chrétiens afin qu’ils parlent?

A force de dire que nous devons proclamer notre foi par notre vie – ce qui est vrai – nous finissons par ne plus savoir dire comment notre vie s’explique par notre foi. Et pourtant, autour de nous, on attend cela !

Il a suffi que des témoins se mettent à parler de Jésus d’une manière vivante et neuve pour que soudain le nom de Jésus résonne dans la rumeur du monde.

Les connaisseurs protestent: «C’est un Jésus de l’histoire et de la raison, mais pas de la foi.» Alors! … Que la foi parle! Que tous les croyants demandent à l’Esprit de savoir parler de Jésus en intéressant et en faisant comprendre.

La Première Lecture et l’Évangile de cette messe révèlent deux visages de cet esprit qui permet de parler. Dans les Actes, il pousse à la parole publique: depuis le pape jusqu’au voisin de palier et le collègue de travail. «C’est vrai que Jésus était Dieu? c’est vrai ses miracles? c’est vrai qu’il est né si curieusement?»

Mais pour savoir parler de ces choses en se faisant comprendre, il faut se tourner vers l’Esprit qui, dit l’Evangile, «enseigne tout». Là, c’est un travail bien plus secret, bien plus profond, qui peut transformer un modeste croyant en proclamateur.

Pourquoi ne fait-on pas davantage appel à l’Esprit? On dirait que les prédicateurs, les catéchistes, les laïcs, les auteurs de livres religieux, et même certains théologiens veulent se débrouiller tout seuls, se fier à leur documentation et à leur petite tête, en oubliant l’affirmation capitale de saint Paul: «Nul ne peut dire que Jésus-Christ est Seigneur sans l’Esprit.»

Vraiment «dire», c’est le vivre pour soi-même afin de devenir, et donc être feu et se faire comprendre:

Après ces semaines de confinement,
si nous verrouillons encore nos portes,
si nous avons peur des autres,
si la tristesse nous gagne
et que nous manque le souffle,
Viens Seigneur !
Viens au milieu de nous.
Viens nous donner ton souffle.
Viens ouvrir le verrou.
Viens ouvrir les fenêtres.
Envoie-nous dehors transmettre le Souffle à toute la terre.

Thierry Fouet

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