A celui que vous ne connaissez pas: 3e dimanche de l’Avent

A celui que vous ne connaissez pas: 3e dimanche de l’Avent

Jean le Baptiste est entier, voir même absolu. Certes, il défend les petites gens, mais il n’est pas tendre avec les représentants de l’autorité (cf.Mt 3 :7). Son ascèse souligne également son engagement. Son «Faites ce que je dis car je le fais» devrait encore aujourd’hui nous inspirer. Alors pourquoi une certaine tolérance quand il annonce la venue du Christ ? Il va même jusqu’à nous autoriser à ne pas reconnaitre l’envoyé de Dieu (cf.Jn 1 :26). Parce que c’est tellement fou: Dieu s’incarne totalement dans notre humanité. Les hommes attendaient bien un dieu, mais tout-puissant et libérateur. Mais non, et ce scandale, Jean se rend compte qu’il est difficilement compréhensible à notre humanité.

Alors pourquoi veiller si, de toute façon, nous ne le reconnaitrons pas ? C’est tout le contenu du mystère de l’Incarnation. Dieu nous a été révélé par son Fils (cf.Jn 14 :9). Nous sommes donc maintenant en mesure de le reconnaitre. Vraiment ? Les mêmes révélations ne mènent pas forcément aux mêmes convictions. Ils ont été plusieurs à constater la Résurrection: Jean vit et crut (Jn 20:8), les soldats virent également, mais vendirent leur témoignage (cf.Mt 28:12). Traîtres ? Pas si vite… Ne sommes-nous pas un peu soldat de temps en temps, quand il s’agit de compromettre certaines de nos valeurs ?

Car la Foi est un ensemble complexe. Cadeau du ciel mâtiné de «savoir» catéchétique, arrosé d’un soupçon de méditation, elle nous mène où l’Esprit veux bien nous laisser agir. Mais notre humanité nous a poussé à organiser l’évènement Noël de telle manière que nous n’arrivons plus à nous émerveiller. C’est le propre de l’adulte de modérer l’expression de ses sentiments. Pourtant, nous nous souvenons tous de ces moments d’émoi lors desquels nous avons croisé la Lumière. Le temps d’un Noël, redevenons donc les gamins confiants que nous étions à notre baptême pour accueillir le Divin.

Pierre Moser