Une hospitalité qui se déploie

C’est une des priorités que nous souhaitons privilégier ces prochaines années. Nous voulons intensifier l’accueil de toute personne en recherche, en veillant d’abord à la qualité du premier accueil, au téléphone ou au secrétariat.

Un prêtre m’a raconté qu’au cours d’un repas, le téléphone sonne. Son confrère prend ; c’est une demande de baptême. "Mais ça va être difficile de trouver une date… tel dimanche, cela ne va pas ; tel jour, impossible…" Bref : c’était très compliqué. Le confrère raccroche. Et le prêtre qui me raconte cela l’interroge, avec un brin de malice : "As-tu demandé à la maman si son enfant va bien ?". Combien ce premier contact avec une personne qui frappe à la porte de l’Eglise est important !

Nous allons continuer de veiller à ce que nos paroisses, nos services, nos aumôneries soient des lieux accueillants et chaleureux. Un apéritif ou un café à la fin d’une messe, une tarte aux pommes après une réunion, un repas paroissial sont des lieux où des personnes peuvent peu à peu reprendre contact avec une communauté. A nous de soigner ou de créer des espaces de dialogue, des espaces où l’on se parle, des espaces d’écoute, pour que l’Eglise soit perçue et appréciée comme un havre où on est accueilli tel que l’on est.

Le mot "hôte" a une double signification : il désigne à la fois celui qui reçoit et aussi celui qui est accueilli. Ainsi, une hospitalité qui se déploie, ce n’est pas seulement accueillir ceux qui viennent à nous, c’est aussi se laisser accueillir, se faire inviter.

Aller à des événements de quartier – j’ai participé avec beaucoup de bonheur aux rencontres biannuelles des associations du quartier des Eaux-Vives.

Participer aux processus de création de nouveaux quartiers, se rendre présents et visibles pour l’accueil des nouveaux habitants. Nous devons toujours garder la préoccupation et le désir d’aller vers ceux qui ne fréquentent pas nos églises.

C’est bien ce que demande le pape François quand il nous invite à "aller aux périphéries". En parlant de la para"bole de la brebis égarée, il avait dit à un groupe de prêtres qu’aujourd’hui ce sont plutôt 99 brebis qui sont en dehors et une seule qui est dans le bercail. Alors, nous courons le risque de passer tout notre temps avec cette brebis, de la bichonner, et même de la coiffer… Or, ajoutait le pape, nous sommes des pasteurs, pas des coiffeurs !

Rassembler. Aimer. Aider. Partager. Nourrir les corps et les esprits… L’Eglise a tant de choses inédites à annoncer !


Abbé Pascal Desthieux, Vicaire épiscopal pour le canton de Genève
Courrier Pastoral du Vicariat, février 2019
Site internet de l'ECR Genève

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