Un chrétien en vacances, il fait quoi ?

Avec ce numéro d’été de votre journal paroissial, c’est le moment de ressortir les poncifs tels que mettre en pratique la parole de Dieu entendue toute l’année, faire un effort pour visiter des paroisses que nous ne fréquentons habituellement pas, bref, prendre de la hauteur. C’est vite dit, cela revient chaque année et est aussitôt oublié.

Un chrétien en vacances, s’il vous arrive de fréquenter les églises sur vos lieux de villégiatures, vous le croiserez certainement à cette occasion. Seulement sur la plage. Il est où?? Qu’est-ce qui le distingue des autres touristes?? Comment le reconnaître?? Certains d’entre vous me rétorqueront qu’il n’est nul besoin de se retrouver en communauté lors de cette pause bienvenue… Eh bien, moi je vous dis?: "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit." (Matthieu 28, 19-20) Cet esprit missionnaire était vivant chez les "disciples" d’hier, est vivant chez ceux d’aujourd’hui et sera également au centre des préoccupations de ceux de demain.

Notre différence, c’est donc cet esprit novateur qui nous pousse vers l’autre. Regardez nos jeunes, leurs projets de tourisme humanitaire sont innovants. Et croyez-moi, les personnes aidées les reconnaîtront, même sur une plage. Mais jeunesse n’est pas éternelle et ce genre de projet n’est pas à la portée de nos grands âges. Cependant, rien ne nous empêche d’adopter, nous également, une posture missionnaire là où nous nous trouvons. La femme de chambre qui s’occupe de notre lit d’hôtel, le serveur de notre restaurant préféré, le plagiste à la peau bronzée, ils ont tous des métiers de service. Tiens donc, le service, n’est-ce pas également notre mission ?

Soyons donc, cet été, un peu missionnaire, même si c’est dans des contrées qui ne nous ont pas attendus pour se convertir. Personne ne se souviendra de notre passage ? Pas si sûr, la gentille cliente du quatrième, celle qui nous faisait toujours un sourire, tu t’en souviens?? C’est cela aussi être reconnaissable en tant que chrétien, cela se passe également dehors. Une église vide n’est déprimante que si ses paroissiens ont déserté la foi, pas s’ils sont en mission.

Bonnes vacances et à vous revoir en septembre.

Par Pierre Moser
Le Lien des Paroisses, Magazine des Unités pastorales La Seymaz et Champel/Eaux-Vives.

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