Le Carême en questions : le partage (3/3)

Dans une société aux sollicitations multiples et permanentes, nous avons besoin du Carême. Ce temps nous invite à modifier quelque peu nos habitudes pour faire plus de place à Dieu, nous rapprocher de Lui et des autres.

Pendant le Carême, l’Église propose trois engagements spécifiques pour nous accompagner dans ce processus de renouvellement intérieur qui nous conduit jusqu’à la Pâques du Seigneur : ce sont  le jeûne, la prière et l’aumône (partage).

La prière nous aide à faire plus de place à Dieu dans nos cœurs et dans nos vies. Le jeûne aussi, par la privation, nous permet de nous ouvrir à de nouveaux espaces. L’aumône et le partage nous aident à être attentifs aux besoins de nos prochains et à partager ce que, par grâce divine, nous possédons.

Le partage vu par Nicole Simonin, bénévole

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis retraitée depuis juin 2014, après un engagement d’une vingtaine d’années dans l’Église, comme assistante pastorale. Depuis, avec mon mari, nous avons eu la joie de devenir grands-parents de trois petits-enfants et bientôt quatre. J’apprécie de pouvoir vivre une retraite active et enrichissante.


Pouvez-vous nous parler de votre engagement bénévole en Eglise ?

Les lundis, je viens à l’OASIS, lieu d’accueil oecuménique pour des personnes en situation précaire, à la Paroisse protestante de la Servette. Beaucoup des personnes qui arrivent le matin ont dormi dans la rue. L’équipe de l’accueil (que ce soit avec un engagement rémunéré, bénévole ou de stagiaire) doit faire en sorte que la matinée, se déroule au mieux, mais en collaboration avec les personnes accueillies, qui révèlent souvent, au fil des semaines, des qualités et des compétences précieuses. D’autres resteront davantage en retrait, mais toutes sont invitées à participer d’une manière ou d’une autre et à donner leur avis pour améliorer parfois certains fonctionnements, comme cela a été le cas dernièrement pour le vestiaire.


Que signifie pour vous ce partage ?

  • C’est permettre un moment de répit à des personnes souvent éprouvées par des conditions de vie très dures.
  • C’est éprouver parfois de la tristesse ou de la déception, quand on croit que certaines personnes vont aller mieux, mais que finalement leur situation ne s’arrange pas de la manière espérée.
  • C’est lutter contre les aprioris et les préjugés. En ce sens, mon voyage en Roumanie en mai 2017 avec Inès Calstas, a été un moment déterminant pour me rendre compte des conditions de vie, souvent extrêmement difficiles, de certaines personnes qui viennent à l’OASIS, mais aussi découvrir leur joie de nous accueillir parce que nous avions fait le déplacement pour les rencontrer.
  • C’est pouvoir vivre des moments forts qui nous rapprochent les uns des autres. Cela a été le cas pour moi, lors du pèlerinage "Fratello" à Rome, en novembre 2016, qui a permis une rencontre entre le Pape François et des personnes en situation de précarité, venant de toute l’Europe, à laquelle un petit groupe de l’OASIS a pu participer.


Comment vivez-vous le Carême ?

J’aime le commencer en vivant la célébration du Mercredi des Cendres pour mieux entendre l’appel à la conversion à laquelle il m’invite, à travers les paroles du prêtre "Convertis-toi et crois à l’Evangile". Même si je souhaite toujours prendre allègrement ce chemin de conversion, je sais qu’il aura ses hauts et ses bas. Ne pas le vivre seule, sera pour moi une aide. Les messes dominicales seront comme des balises sur ce chemin et j’essaierai de revoir mes priorités chaque semaine pour… (à choix !) : trouver du temps pour une messe en semaine, privilégier certaines lectures, plus nourrissantes spirituellement, participer à des partages bibliques avec d’autres chrétiens et/ou des conférences en lien avec le Carême dans une paroisse, lire régulièrement le calendrier de la Campagne de Carême.

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