Eté : fragilité et solitude des malades et des séniors

L’été et les vacances sont parfois longues et difficiles pour les personnes âgées et les malades isolés. La fragilité et la solitude pèsent souvent plus lourd en cette période.

Dans ces conditions, les visites des aumôniers et des bénévoles de la Pastorale de la Santé de l’Église catholique romaine auprès des résidents des Établissements médicaux sociaux (EMS) et des personnes contraintes à un séjour en milieu hospitalier sont d’autant plus appréciées et bienvenues.

Plus qu’à d’autres moments de l’année, ces bénévoles formés apportent par leur présence un appui précieux aux personnel soignant en ouvrant la poste à la joie, le temps d’une rencontre ou d’une activité partagée.

Fragilité
"Les personnes âgées sont particulièrement sensibles aux chaleurs estivales et j’observe une plus grande fragilité en ces périodes, avec une fatigue et une vulnérabilité accrues", témoigne Cathy Espy-Ruf, responsable de la Pastorale de la Santé.

Les grosses chaleurs peuvent avoir de graves conséquences sur la santé des seniors.

Dans les EMS, le personnel est très attentif aux risques de déshydratation ou d’épuisement. La plupart des structures est d’ailleurs dotée d’air conditionné.

Malgré ces mesures, "la chaleur a un impact significatif sur la personne et provoque un inconfort important. Peu après les vagues de chaleur, il n’est pas rare d’observer une hausse des décès", constate Cathy Espy-Ruf.

"En été, j’accompagne de nombreuses célébrations de funérailles", nous confie-t-elle

"Paradoxalement en ces périodes de beau temps, les personnes âgées ne sortent pas en promenade en raison des températures. Elles ne peuvent donc pas profiter des parcs. Il arrive alors qu’elles soient confinées à l‘intérieur et que les journées leur apparaissent plus longues et vides. Les efforts du personnel des EMS pour pallier cette situation sont considérables et nous y collaborons", constate l’assistante pastorale.

Solitude
"Avec les familles et les amis qui s’absentent pour les vacances, l’isolement et la solitude peuvent s’accentuer, bien de cela ne soit que de façon temporaire. C’est pourquoi nous essayons de passer plus de temps auprès des personnes âgées ou malades pour prendre de nouvelles ou pour une prière", poursuit la responsable de la Pastorale de la Santé.

"Même si nous sommes dans une relation asymétrique accompagnateurs-accompagnés, nous recevons souvent bien plus que ce que nous donnons, aussi de personnes non-croyantes", souligne-t-elle.

Une mission de partage
La présence des aumôniers et des bénévoles formés répond donc à un vrai besoin de réconfort, d’écoute et d’accompagnement humain, spirituel ou religieux, selon les individus.

Ce besoin est au cœur de la mission de la Pastorale de la Santé.  Celle-ci doit cependant elle aussi tenir compte des contraintes estivales !

"Nous devons nous-mêmes jongler avec les congés de nos propres membres. Nous devons par exemple réduire le nombre de messes pour permettre aux prêtres célébrants de partir en vacances", précise la responsable.

Le quotidien de l'hôpital
A l’hôpital le rythme frénétique des activités n’est pas modifié par la belle saison. Les soins continuent. Les compétences et l’efficacité de l’ensemble du personnel, comme son souci d’offrir un soutien aussi adéquat que possible, se poursuivent.

Mais le passage par la case hôpital reste une expérience difficile pour ceux qui la vivent.

"Plus qu’à d’autres périodes de l’année, en été je dois faire face à la détresse de personnes de passage à Genève, de voyageurs qui viennent passer des vacances dans la région et qui se retrouvent à l’hôpital", témoigne l’abbé Giovanni Fognini.

"Ces jours-ci, un jeune étranger, accidenté est arrivé aux soins intensifs. J’ai pu sentir comment le stress et les émotions sont particulièrement complexes pour les personnes qui doivent traverser ces épreuves loin de chez eux", ajoute l’abbé, responsable de l’aumônerie catholique Cluse-Roseraie des Hôpitaux Universitaires de Genève.

Dans de telles circonstances, les situations de deuils, sont une épreuve immense.

Belle initiatives
L’hôpital est aussi un lieu privilégié pour de nombreux gestes de solidarité.

"Je suis par exemple heureux de constater que plusieurs familles s’organisent pour garantir une présence. Avant de partir en vacances, elles  demandent à un ami de passer à l’hôpital pour visiter un proche malade. Il s’agit souvent de personnes très entourées. Pour d’autres patients, la fragilité et la solitude ne connaissent pas de saison. Ils ne reçoivent pas de visites, en été comme hiver", déplore l’abbé Giovanni.

"Dans la mesure du possible nous tissons des liens pour les sortir de cet isolement".

Une présence dans différents lieux
Pastorale de la santé est aujourd’hui présente dans 54 Etablissements médico-sociaux (EMS), 6 sites des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), plusieurs cliniques et hôpitaux privés.

Dans la société contemporaine, les personnes âgées, malades, ou en fin de vie n’ont guère droit à la parole.

Pour montrer que la vie continue au-delà de la fragilité et de la solitude, la Pastorale a réuni un  livre de ‘Perles’.  Ces témoignes, récoltées auprès des résidents ou de patients et illustrés de photos de Jean-Claude Gadmer, s’égrènent sur 108 pages.

Pour commander un exemplaire du livre ( format 15×12 cm), écrire à cathy.espy@cath-ge.ch. Prix CHF 15.- + frais de port.

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