Ensemble : regardons le Seigneur !

"Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?" (Act 1,11). Cette question va retentir à nouveau dans quelques jours, alors que nous célébrerons la fête de l’Ascension. Elle pourrait paraître agressive et nous renvoyer à ces époques sombres où le Seigneur était considéré comme une projection de nos désirs et la religion un opium pour le peuple. Mais elle est suivie d’une promesse : "Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel" (Act 1,11).

Toutefois la question reste posée : dans quelle direction doit-on tourner notre regard pour chercher le Seigneur ? Parce que, d’une manière ou d’une autre se manifeste au fond de nous le désir qui porte tous les autres : "c’est ton visage, Seigneur que je cherche" (Ps 26,9).

La fête de l’Ascension nous renvoie à notre expérience de chrétiens en marche. Le Seigneur échappe à notre regard, pourtant il est le vivant qui nous fait vivre. Nous le proclamons dans le credo : il est "assis à la droite du Père" (cf. Eph 1,20). Mais sans oublier sa promesse : "Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde" (Mt 28,20).

Regarder le ciel avec notre seule nostalgie, c’est ne pas le voir et fuir la réalité. Fixer notre attention sur la terre sans le voir, c’est perdre espérance et nous agiter dans le vide.

La fête de l’Ascension se fait l’écho de ce qui pourrait être un malaise, le sentiment qu’il n’est plus avec nous ou que si nous voulons être avec lui il nous faut nous réfugier "dans le ciel". Elle annonce au contraire qu’en lui la création toute entière est "à la droite du Père" (cf. Eph 1,20) et que c’est ainsi que nous pouvons déjà la regarder. Et en lui, nous comprenons que nous-mêmes "nous avons notre citoyenneté dans les cieux" (Phil 3,20) et que nous avons à exercer cette citoyenneté sur la terre.

Il nous faut donc en même temps "rechercher les choses d’en-haut" (Col 3,1) et être attentifs aux signes de sa présence au milieu de nous. Mais il ne nous est pas facile de le voir quand on nous montre les images de guerres dont la conclusion semble lointaine et que nous devinons toutes celles dont on ne parle jamais ; quand des bombes terroristes explosent faisant de nombreuses victimes. Difficile de le voir aux côtés de ceux qui meurent dans la misère, ignorés de tous. Et pourtant, il est là ! Difficile de reconnaître sa présence qui crée et recrée sans cesse quand on sait les menaces qui pèsent sur notre planète. Comment le voir dans nos sociétés qui semblent peu se soucier de lui et qui se soucient peu de l’humain. Et pourtant il est là ! C’est un défi de le reconnaître présent dans nos vies quand nous passons par des moments difficiles. Et pourtant, il est là !

C’est pourquoi il nous est précieux de nous rassembler, sachant d’expérience que "quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux" (Mt 18,20). Dans la communion qui nous unit - dans nos célébrations, mais pas seulement - nous pouvons goûter sa présence, mais aussi lui confier toute chose, puisqu’il est "assis à la droite du Père" !

Par l'Abbé Marc Passera
La Feuille dominicale du 25 et 26 mai.

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