Dieu a-t-il un mot à dire dans ta vie ?

"Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?" (Marc 10,2)

Pour les pharisiens qui veulent mettre Jésus à l’épreuve la question ne se pose pas vraiment, ils savent bien que la pratique est admise et figure même dans la Bible (cf. Deutéronome 24,1-4). Leur souci, c’est de savoir quels critères Jésus met en avant pour gérer une telle situation et donc de le situer parmi les laxistes ou les plus strictes.

Gérer des situations, parfois difficiles, la vie nous l’impose. Mais Jésus va éviter le piège qu’on lui tend : il est des réalités qu’on ne peut pas seulement gérer, elles sont trop importantes… Alors il propose un saut qualitatif : "au commencement de la création…" (Marc 10,6). L’expression indique un projet de Dieu. Et nous savons qu’il rejoint nos aspirations les plus profondes.

Il est des réalités que l’on gère selon les goûts et les couleurs ou selon l’air du temps. Mais il en est d’autres dont dépend la qualité de la vie et le bonheur. Et le croyant sait d’expérience que la question qui mérite d’être posée est : "qu’est-ce que Dieu me demande ? Où veut-il me conduire ?". Et Jésus nous met en garde contre une possible "dureté du cœur" (en grec "sclérose du cœur"). Sans s’en apercevoir, on peut en venir à gérer des situations en passant à côté de réalités importantes. C’est ce qui arrive aux disciples qui chassent les enfants qu’on avait amenés à Jésus. Ils croyaient bien faire. Mais la colère de Jésus (cf. Marc 10,14a) leur fait comprendre que "le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemble" (Marc 10,14b). Pour gérer au mieux une situation, ils étaient passés à côté d’une dimension essentielle de leur être disciples. Ils ont encore à découvrir la grandeur de se faire petits à la suite de Jésus qui ira jusqu’au scandale de la croix.

La question reste d’actualité pour nous aujourd’hui : dans les décisions importantes de ma vie, Dieu a-t-il un mot à dire? Répondre à cette question ne me dispense pas de gérer toutes sortes de situations, mais donne à mes décisions cette respiration d’éternité qui me fait vivre toute chose en plénitude. Il est des réalités que l’on ne peut affronter qu’avec des permis ou interdits mais en s’adressant à ce Dieu qui se fait partenaire et lui dire : "parle, Seigneur, ton serviteur écoute" (I Samuel 3,9.10)

Par l'Abbé Marc Passera
La feuille dominicale du 6 et 7 octobre 2018

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