Charité, mode d'emploi

Comment faire pour supprimer la misère ? Comment procéder pour que les pauvres ne soient plus pauvres ? Autant de questions pour lesquelles ce numéro essaie d’apporter des pistes de réflexion. A notre niveau local, quelles sont les actions que nous pourrions entreprendre pour apporter, si ce ne sont des solutions, du moins des ébauches. Car, oui, la misère ne sévit pas qu’à l’autre bout de la terre, elle détruit aussi des vies à nos portes. "Il y aura toujours des pauvres avec vous" (Mt 26 : 11), c'est pour cette raison qu’il y aura toujours des hommes avides et durs qui recherchent moins la possession que la puissance  (Georges Bernanos – Journal d’un curé de campagne (1936)) ? Cette affirmation de Bernanos me paraît pour le moins excessive. Le modèle libéral a certes atteint ses limites lors des dernières crises financières : il s’est montré incapable d’autorégulation. De même la charité dite ordonnée, à savoir les différents organismes d’état en charge d’un mieux vivre ensemble sont insuffisants voire débordés. En parallèle, certaines notions comme le respect du grand envers le petit n’existe pas ou plus. L’individualisme forcené de nos sociétés permet à des injustices sociales de plus en plus criardes de se faire jour : écarts salariaux, de richesse, de pouvoir, etc.

L’exemple à suivre est peut-être à observer dans des pays de peu ou pas d’état comme le Liban et la Grèce entre autres. Le pays du Cèdre, avec des recettes publiques annuelles d’environ 16 milliards de dollars (en comparaison, Genève seule encaisse chaque année plus de 9 milliards de dollars), ce pays géographiquement petit accueille à lui seul plus d’un million de réfugiés syriens. Seule l’Allemagne peut se vanter d’en avoir fait presque autant parmi nos pays d’Occident étatisés. Pour information, Genève a accordé l’asile a environ 3000 demandeurs en 2017 (Source : Secrétariat d’Etat aux Migrations 2017).

Ces quelques chiffres pour démontrer que la charité organisée est beaucoup moins efficace que la charité spontanée. Et c’est nous, c’est vous, au quotidien. Par l’adoption d’une d’attitude et non d’organisations ou de moyens. Aux échelons universels comme locaux. En effet, ce n’est pas par le manque de respect mentionné plus haut que nous allons y parvenir, mais par des initiatives telle que le Goût de l’Autre, qui consiste à organiser des repas gratuits dans nos paroisses (actuellement Chêne-Thônex, Champel et Eaux-Vives) à des gens démunis bien de chez nous.

Notre Eglise se doit de pallier les manques de nos états, car elle n’a qu’une seule limite, celle de votre générosité face à l’adversité. Pas de frais de fonctionnement indécents, pas de contraintes budgétaires, en tout cas dans la générosité, pas de position politique à défendre. Que dis-je notre Eglise… nos Eglises, car dans ce domaine l’œcuménisme est pleinement efficace.


Par Pierre Moser
Le Lien des Paroisses, Magazine des Unités pastorales La Seymaz et Champel/Eaux-Vives.

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