Après quelle grandeur courons-nous ?

"... Ils avaient discuté entre eux pour savoir qui est le plus grand" (Marc 9,34)


On a presque honte pour eux... Mais peut on vraiment leur en vouloir, nous qui vivons dans un monde de compétition ? Ne laisse-t-on pas entendre autour de nous -sans jamais le dire- que si nous ne sommes pas les meilleurs, c’est que nous sommes "nuls" ?

Le disciple du Christ serait- il appelé à devenir transparent, à réprimer son désir d’être reconnu et apprécié ? On l’a parfois pensé au nom d’une humilité mal comprise ! Mais rien de plus contraire à un regard chrétien sur l’humain que celui qui se résume dans le célèbre "on est bien peu de chose" ! C’est tout le contraire ; créés à l’image et selon la ressemblance de Dieu il nous faut plutôt dire avec le psalmiste : "je te rends grâce Seigneur pour la merveille que je suis" (Psaume 138, 14).

Nous avons tous besoin de reconnaissance. Mais où la recherchons-nous ? Vouloir être à tout prix le plus grand, c’est nécessairement écraser les autres ou en tout cas ne pas voir leur grandeur à eux ... Jacques en tire les conséquences dramatiques dans sa lettre : "d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits ? N’est-ce pas de tous ces instincts qui mènent leurs combats en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflits et vous faites la guerre..." (Jacques 4, 1-2).

Vouloir être reconnu contre les autres, c’est tôt ou tard devenir violent. Vouloir être reconnu avec les autres, c’est devenir humain à la manière du "petit enfant tout contre sa mère" qu’évoque le Psaume 130, 2.

Mais Jésus suggère encore une autre attitude, celle qui donne sens à sa propre vie : être pour les autres. C’est alors devenir semblable à Dieu et recevoir de lui la reconnaissance que si souvent nous recherchons maladroitement.

Alors après quelle grandeur courons-nous ?


La feuille dominicale du 22 et 23 septembre 2018.

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